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mardi 18 septembre 2012

Grandir... ou remercier les difficultés

Me revoilà déjà !

C'est que je n'avais pas écrit depuis un moment et pourtant j'ai été active... même si je sors juste d'une tout petite traversée du désert.

Les périodes de fécondité à l'envers, en creux, sont toujours difficiles à vivre pour un artiste. Pourtant elles ont leurs raisons d'être et si on ne s'en occupe pas ça dure plus que de raison. Je finis par en connaître si bien les méandres qu'en vieille routarde des orages émotionnels et des zones arides je me fais de moins en moins "avoir". Je redresse la barre et garde le cap. Bref j'ai tant passé le cap Horn, que maintenant je me fraye un passage parmi les dunes et les lames de fond, je pourrais même en dresser la cartographie, je connais ces lieux comme ma poche tant je les ai arpentés.

A part l'expérience ce qui aide beaucoup aussi c'est avoir des compagnons de route. Ça fait une grande différence car ils sont parfois le reflet de notre propre conscience quand la notre est perdue dans les brumes de l'abîme créatif. L'autre et le monde sont de merveilleux miroirs. Puisque je parle de ces autres et du monde, de la vie, j'en profite pour les remercier ici.

Mais contrairement aux apparences... ça n'est pas de cela dont je voulais parler dans cet article. Je souhaitait parler des qualités intrinsèques de la difficulté en dessin... comme ailleurs. Eh oui, le dessin est un chemin d'humilité et aussi parfois, souvent une leçon de vie. Comme je les aime, sans concessions et profondes.

J'ai réalisé ce portrait il y a peu dans mon nouvel atelier. Je l'ai fait en 1h, à la sanguine et au crayon blanc d'après un dessin de Maughan. J'étais assez contente du résultat, surtout vu le temps que j'y ai mis. Comme souvent, dans mon enthousiasme, j'ai fait très peu d'efforts de construction voire pas du tout. Résultat, quelques problèmes quand même. J'espère que Maughan ne m'en voudra pas d' avoir amoché son portrait.

premier jet
version corrigée

Mais... être trop content de soi, de son travail comporte un danger. Tout comme celui de prendre l'excuse de l’interprétation personnelle lorsque l'on s'écarte vraiment trop du sujet. Quel danger ? Celui d'éviter de voir ce qui ne va pas et mérite d'être corrigé. Le confort de ne pas remettre en question ce qui mérite de l'être empêche, à long terme d'avance et de progresser.


Accepter de voir les écarts et les erreurs c'est parfois se heurter de plein fouet aux difficultés que l'on a rencontré en dessinant. Si on remonte ses manches et que l'on corrige tout ce qui mérite de l'être... c'est peut-être là que l'on apprend vraiment quelque chose.

Ma tutrice m'a dit quelque chose de très intéressant : "tant que le papier n'est pas percé on peut toujours intervenir". J'ai testé et je me suis rendue compte, qu'effectivement, ne plus a voir peur d'effacer et revenir parfois 5 fois, 6 fois (et peut-être plus) ouvre un champ des possibles formidable et offre une grande liberté. Le dessin devient bien plus "maléable" et au final il en acquiert de la force car l'intention de départ est préservée, le dessin lui est plus fidèle puisqu'on se permet d'enlever les scories.
Le papier est souvent plus solide qu'on ne le croit et il faut le pousser jusqu'au bout de ses possibilités.

Dans les corrections que j'ai effectué sur mon dessin je me suis rendue compte de deux types d'erreurs. Celles qui résultent d'un regard erroné et celles qui sont dues à une mauvaise compréhension ou connaissance. Les premières sont plus faciles à corriger car il suffit d'observer d'avantage, de prendre le temps, pour rentrer d'avantage dans le sujet et voir comment améliorer les choses. C'était le cas pour l'oreille et le nez par exemple. Pour corriger des éléments que l'on a mal compris ou sur lesquels on manque de connaissances là c'est bien plus difficile.

Et c'est la que la difficulté est le plus utile car elle nous montre une limite. Elle pointe du doigt les points que l'on doit travailler, les manques, ce qui n'est pas intégré. Elle nous rend un très grand service car elle nous permet de nous situer et de nous diriger. Par exemple ici, j'ai dû effacer et refaire les yeux pas moins d'une dizaine de fois. Ils sont mieux mais toujours pas satisfaisants. Je n'arrive pas à comprendre comment fait Maughan avec si peu de moyens pour que ça fonctionne. Chez lui ça marche et pas chez moi. Et puis je ne maîtrise pas l'anatomie de l'oeil "sur le bout des doigts". Cela m'a appris que c'est un point à travailler puisqu'après moult reprises je n'ai pu arriver à les corriger complètement.

Cette sensation de butter, de se heurter sans pouvoir passer l'obstacle est le signe limpide d'un point à travailler. Et je remercie la difficulté rencontrée ici car elle me sert de jauge pour me situer et de guide pour me diriger.





mercredi 12 septembre 2012

cot cot minute

En attendant l'arrivée de mon matériel pour pouvoir continuer le tableau commencé au stage, je me suis amusée à peindre ce minuteur en forme de gallinacé.

J'ai divisé mon support en 4 carrés et suis partie pour 1h30 en moyenne sur chaque sujet. A plusieurs jours d'intervalle car malheureusement, je ne peux pas peindre tous les jours. Et parfois pas du tout en journée. C'est un vrai problème quant à la gestion des couleurs mais aussi pour l'éclairage qui est bien différent de la lumière du jour.

La technique dans le frais est à la fois très agréable car ça va vite et frustrante car on ne peut pas faire de glacis et les superpositions sont très limitées. De plus, je trouve qu'elle demande plus de peinture car il faut essuyer son pinceau très souvent si ce n'est avant chaque touche afin de ne pas "salir" la couleur. Autre limite, vu le temps imparti il faut faire du très petit format et mettre peu d'objets ce qui limite un peu l'imagination. Et il y a souvent des fautes de dessin car on n'a pas le temps de faire une vrai mise en place avec croquis préalable.

L'une des poules est aux Alkydes, ce n'est pas de l'huile mais de l'acrylique. C'est plus transparent et moins agréable à travailler. J'ai laissé la couche de fond initiale tel quelle sur celle-là pour mémoire afin de voir un peu l'influence qu'il a, en sourdine, sur l'ensemble de l'image.

Ce que je trouve agréable avec ce type de travail c'est qu'il permet de tester différentes choses et d'en faire directement l'expérience. J'ai pu tester des couleurs différentes, des mélanges différents également, des médiums (un avec siccatif, huile de lin etc.), des fonds, des lumières et des supports.

Côté texture et zones blanches, je trouve que l'on sent enfin l'effet lisse et brillant du plastique sur la dernière. Même les proportions sont mieux respectées.

Deux d'entre elles ont été peintes en lumière du jour et deux autres en lumière artificielle. Je trouve qu'une fois qu'on le sait ça se sent très bien. Je ne vous dit rien... à vous de deviner ! Postez un commentaire pour donner votre réponse.

Allez voilà mes petites cocottes minutes, vue d'ensemble :














Dans l'ordre d'exécution :

kaobang_2012_poule-huile1







jeudi 23 août 2012

Attention virage !

Après mûre réflexion, ce blog ne parlera pas que de dessin mais également de peinture !

Pourquoi ? Parce que j'aime profondément la peinture à l'huile. Laissez-moi vous conter mon histoire...

Je suis née dans les odeurs de peinture puisque mon père était peintre en bâtiment. Il aurait d'ailleurs aimé faire de la peinture à l'huile. Il s'était acheté une valisette en bois avec tout le nécessaire.  Mais comme pour beaucoup de choses, il ne s'y est jamais mis. Et m'a un jour, alors que j'étais ado, légué cette boîte.

Je ne me rappelle pas si je me suis mis à peindre avant ou après ça. Peut-être avant car j'ai pris quelques cours de d'art plastique une année de lycée... pour voir. Le niveau n'était pas exceptionnel et j'aurais préféré qu'il soit meilleur, notamment en dessin, mais ce qui était intéressant c'est que l'on a testé diverses techniques dont certaines me sont restées : la mine de plomb, le craie comté etc. ... et l'huile.

J'ai beaucoup aimé et continué à peindre après cette année, avec plutôt de gros patouillages mais toujours avec bohneur... c'est déjà ça. J'aurais voulu aller plus loin... et même beaucoup plus loin et devenir peintre. Mais dans une petite ville de province les bons peintres ne courraient pas les rues et les très bons encore moins. Il y avait cependant un bon peintre dont j'admirais les natures mortes et certains dessins. C'est un homme adorable, assez âgé maintenant. Il me recevait dans son atelier, on passait pas mal de temps à discuter, il me corrigeait un ou deux dessins si j'avais de la chance, me donnait quelques conseils et puis c'est tout. Je restai affamée ! Cet adorable monsieur avait un seul défaut : celui de ne pas vouloir enseigner son savoir faire. Dommage pour moi. J'ai donc dû abandonner faute d'autre possibilité, faire le deuil et puis oublier. Vivre d'autres aventures.

Et cet été, après 2 ou 3 ans d'attente, cette possibilité s'est ré-ouverte enfin ! C'est ainsi que je suis partie à Bruxelles cet été pour une semaine de stage chez Maître Piet. 6 jours, c'est très court. Mais j'attendais une réponse, une confirmation de ce stage et je l'ai eue... avec beaucoup d'intensité !

Depuis, j'ai installé, non sans mal, mon atelier et j'essaie de peindre ou plutôt d'apprendre à le faire. De travailler ce merveilleux et difficile médium qu'est l'huile. Je peins avec de gros sabots et manque encore beaucoup de subtilités mais avec la pratique tout cela s'affinera.

Voilà pourquoi ce blog traitera aussi parfois, peut-être même souvent de la peinture à l'huile !

Et qui sait aussi de lavis, d'aquarelle bref de la peinture dans tous ses états du liquide au pâteux.

mardi 21 août 2012

Les deux carnets

Un petit article rapide juste pour donner des nouvelles des deux carnets dont le voyage s'est achevé et qui sont arrivés à destination.

Vous pouvez voir l'ensemble des dessins sur cette jolie vidéo accompagnée d'une musique pleine de charme et d'émotion. N'hésitez pas à laisser un message pour dire que vous l'avez visionnée et d'où vous l'avez fait. Ça fera plaisir aux auteurs.

les deux carnets sur youtube

J'en profite pour dire qu'ici aussi vous pouvez participer et laisser avis, réflexions etc. Ne soyez pas timides hein faites-le. Si c'est pertinent cela me fera plaisir et me fera avancer ainsi que d'autres lecteurs, qui sait.

En revanche, les idioties finiront à la poubelle sans état d'âme.